Geneviève De Fontenay: « J’aurai essayé de donner un peu de rêve »

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A 82 ans, la Dame au chapeau est encore et toujours sur le pied de guerre. Après avoir présidé le comité Miss France pendant près de 30 ans, elle est présidente d’honneur du comité Miss prestige national depuis 5 ans, anime une chronique sur MFM Radio et enchaîne les invitations médias et événementiels partout en France.

Qu’est-ce qui pousse Geneviève de Fontenay à une telle hyper-activité ? Quelles valeurs l’ont guidée pendant toutes ces années? Quel bilan dresse t-elle de son parcours?

Elle s’est prêtée au jeu des questions/réponses.

A quoi rêvait, enfant, Geneviève de Fontenay ? 

A faire quelque chose qui me mette en contact avec les autres. J’ai débuté par l’école hôtelière à Strasbourg mais ce fut très fugace. A cette époque je cherchais ma voie, je m’y suis donc inscris en pensant faire de l’accueil, de la réception, mais en réalité on nous formait à la technique en cuisine. J’étais la tête dans les fourneaux toute la journée, ça ne me plaisait pas du tout. Je crois que la seule chose que j’ai apprise c’est à faire des mille feuilles. (Rires).

J’ai ensuite été esthéticienne et c’est par ce biais que j’ai rencontré Louis De Fontenay, mon compagnon. J’ai également fait un peu de mannequinat grâce à lui mais ça n’a pas beaucoup duré, je l’ai vite rejoins au comité Miss France qu’il dirigeait à l’époque.

Quel rôle avez-vous joué à ses côtés ?

J’ai été sa collaboratrice pendant près de 30 ans et puis à son décès en 1981, j’ai repris le comité avec mon fils Xavier.

La suite nous la connaissons tous. Vous avez porté le comité Miss France pendant près de 30 ans supplémentaires. Pour vous remercier de votre engagement et de l’utilité publique de vos actions, le gouvernement français a souhaité vous remettre la légion d’honneur… que vous avez refusé ! Pourquoi ?

C’est la donner à n’importe qui. La légion d’honneur on l’a remet à tout le monde aujourd’hui ; Poutine, Kadhafi, Régine… Elle est fabriquée à la tonne, elle s’est peoplisée. Ça ne m’intéresse pas, j’aurai en revanche été fière d’être une Marianne.

En parlant de cet univers « people », pouvez-vous nous raconter comment s’est terminée l’aventure au sein du comité Miss France ?

C’est à cause de Miss Paris et ses photos pornographiques, et de Valérie Bègue à moitié nue sur une croix léchant un pot de crème en couverture du magazine Entrevue. Leurs conduites ont été intolérables. Je vous rappelle qu’elles étaient des miss élues, sensées représentées notre capitale et la France. J’ai donc souhaité qu’elles soient destituées de leur titre, ce qui –pour Valérie Bègue- n’a pas été accepté par Endemol, la société de production. A partir de ce moment, il était hors de question pour moi de continuer.

On a compris ce que vous pensiez de la presse people. Quel regard portez-vous plus généralement sur les médias français?

Le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’est pas reluisant… Quand on voit la couverture d’un magazine comme Lui avec la chanteuse Rihanna montrant ses seins, c’est lamentable. Dire qu’ils font chacun de leur côté leur argent avec ça, c’est vraiment n’avoir aucun respect de soi-même. C’est comme Dédé la Saumure qui baptiste un de ses bars à prostitués le DSK, et qui obtient toute la publicité dont il a besoin gratuitement sur nos chaines de télévision et nos journaux.

Tous ces hommes qui font les prétentieux, qui rabaissent la femme, ils ne se rappellent même pas qu’ils sortent des entrailles de leur mère. Ce sont elles qui leur ont donné la vie et transmis leurs gênes.

On a fait une star de Zahia, qui a pourtant servi de « dessert » à Ribéry pour son anniversaire. Elle est aujourd’hui styliste et l’égérie de Karl Lagerfeld… Ça donne des jeunes filles qui aujourd’hui veulent devenir Escort-girls, parce qu’elles espèrent gagner mieux leur vie qu’en étant caissière dans une grande surface. C’est inquiétant. Non vraiment tout part en vrille !

Que répondez-vous à ceux qui vous disent que nous sommes en 2014, que la société a évolué, que la femme d’aujourd’hui est libérée ?

Elle n’est pas libérée, au contraire, elle est un objet sexuel. Il n’y a qu’à voir les publicités Schweppes ou celle pour je ne sais plus quel parfum, ou un marin repart un béret sur la tête directement de la chambre d’une femme qui embrasse son oreiller. Voilà la publicité qu’on fait à la télévision française ! Je veux bien que chacun fasse ce qu’il veut dans la vie mais il y’a des limites.

C’était comment avant ?

Pas comme ça. On trouvait des jolies femmes dans les magazines mais pas complètement dénudées les seins à l’air comme maintenant. C’est de l’irrespect de soi-même, je ne comprends pas. C’est l’opposé de la classe et de la dignité.

Beaucoup vous soutiennent dans vos engagements et prises de position. Comment expliquez-vous cette popularité que vous avez et cet amour que vous témoignent les français ?

C’est vrai que je ne croise pas beaucoup de détracteurs au quotidien. Les jeunes m’interpellent partout où je passe, me disent que je donne une bonne image de la France. A la gare par exemple, il y’a beaucoup de personnalités qui se cachent derrière leur capuche ou leurs lunettes, moi non. Quand je prends le train j’assume. Je ne refuse jamais une photo ou une dédicace. J’aime les gens et ils me le rendent bien. Ils sont très reconnaissants. C’est le meilleur des médicaments pour la personne âgée que je suis (rires).

Suite à votre départ du comité Miss France, vous avez créé et pris la tête d’un nouveau concours, celui de Miss prestige National. Comment en avez-vous trouvé l’énergie ?

C’est l’instinct de conservation (rires). Si vous êtes, à mon âge, derrière vos carreaux à attendre la mort, ce n’est pas réconfortant. Il m’est insupportable de penser au temps qui passe, de la naissance à la mort. C’est un mystère sans réponse. Pourquoi doit-on disparaitre à jamais ? C’est effrayant. Je préfère donc qu’on ne me souhaite plus mon anniversaire, j’essaye d’oublier ma date de naissance. Si on veut encore me souhaitez quelque chose, il faut penser à la St Geneviève le 3 janvier (rires).

Promis j’y penserai ! Où en êtes-vous aujourd’hui avec ce concours de Miss prestige National ?

L’aventure a commencé il y’a déjà 4 ans. Les gens y ont adhéré. Il y’a eu un sondage dans Aujourd’hui en France en 2012 qui demandait aux français si la Miss de l’année était la Miss France ou la Miss prestige. Plus de 60% ont répondu que c’était la Miss de Geneviève ! Pour les gens le nom de De Fontenay est scotché à Miss France.

Quelle est la différence entre votre concours et celui de Miss France ?

Il n’y en a pas à première vue, ce sont les mêmes critères de sélections des miss. En revanche les miennes doivent avoir de la dignité, ne rien faire de dégradant pour l’image de la femme. Avoir le respect de soi-même et des autres.

Si je vous dis « réussir sa vie », qu’est-ce que cela vous évoque ?

Pour moi c’est vivre en paix avec sa conscience en restant fidèle et digne.

Considérez-vous avoir réussi quelque chose ?

J’ai eu la chance de partager ma vie avec Louis De Fontenay, qui était un homme exceptionnel et qui a fait ce que je suis. Vivre avec lui était un privilège, il y’avait une communion d’esprit. Avoir vécu cela est déjà une réussite, oui.

Quand j’y pense, je me dis que le partage et la disponibilité pour les autres est également essentielle. Je vous parlais à l’instant des fans qui viennent m’aborder au quotidien. Beaucoup me disent que je suis la seule personnalité avec laquelle ils osent le faire. C’est mon plus beau compliment.

Vous êtes donc heureuse de la vie que vous avez menée jusqu’ici ?

Oui. J’estime que j’ai une belle vie et que j’ai de la chance. J’ai eu des malheurs comme tout le monde, mais je suis une privilégiée. Je me le dis tous les matins.

Si vous deviez retenir un moment marquant dans votre vie, quel serait-il ?

Sans hésiter le jour de ma rencontre avec Louis De Fontenay, qui m’a donné deux fils Ludovic et Xavier.

Au-delà de Miss Prestige, quelle est votre actualité du moment?

J’anime tous les jours à 8h45 « les 2 minutes de Geneviève De Fontenay » sur MFM Radio, émission dans laquelle je traite de sujets d’actualité avec mon franc parlé habituel.

Je pars aussi régulièrement aux quatre coins de la France participer à des foires commerciales, des salons de mariages et des projets associatifs avec dédicaces et photos.

Merci beaucoup Geneviève. Quelques questions/réponses rapides pour finir :

Un message aux lecteurs/lectrices ?

Qu’ils essayent de garder leur dignité en toute circonstance. Qu’ils se respectent eux-mêmes et qu’ils respectent les autres.

Un regard sur votre parcours?

Je me dis que je n’ai pas fait de mal à l’humanité. J’aurais essayé de donner un peu de rêve.

Une dernière envie ?

Que les canons de la beauté remplacent ceux de la guerre. Hélas ça n’en prend pas le chemin en ce moment.

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